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Repérages

D 5 juillet 2017     H 14:50     A Jean Louis, ollivier     C 0 messages


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Nous nous retrouvons avec Jean Louis Vincendeau, dans des lieux étonnants, no man’s land du territoire ligérien. Ils pourraient être des lieux potentiels de tournage. La ressource photographique que cela génère nous semble un point de départ, pour une recherche documentaire associée et pour imaginer, par la suite, une édition...

Le dépaysement par et sur le territoire, dispositif permettant de dépayser la pensée, expériences et recherche d’un « point de vue » favorisant la naissance d’une fiction.

Douce des roseaux

Le territoire entre le silo de béton Cargill et le canal de la Martinière devient une zone expérimentale de peuplements fictifs ; sur fond des roseaux du Brivet apparaissent les figures de Douce, sa mère, son grand père, un ours énigmatique…

Construire au fur et à mesure des outils à peine visibles pour l’aventure, avec le souci constant de ne pas « déflorer », d’accompagner l’étonnement par des gestes minimes et délicats. Des lieux, des personnages et des références se présentent en ordre dispersé, ce qui les réunit c’est la sympathie d’une même vision orphique de beauté transparaissant dans la synchronicité d’un instant « magique ».

Le résultat de ses rêveries à plusieurs se concrétise en des pochades oniriques faites de légers décalages, d’associations d’idées glissantes, parfois surprenantes et qui s’emboîtent discrètement…pour constituer en somme les « leçons de choses » de rassembleurs.
Dans la verrière (ou devant selon autorisation) de la maison du Brivet (repérée), Douce apprend à sa mère (Valentina) qu’elle a été désignée pour jouer la Douce de Dostoïevski au club théâtre de son lycée ; sa mère (russe) lui résume la trame du livre en russe puis en Français, tout ça pour lui dire que ce n’est pas un rôle pour elle.

Maison d’une rassurante étrangeté, la pâle maison aux confins des roseaux enchantés. Les roseaux comme rideaux de scène ; Douce néanmoins répète son rôle au milieu des roseaux…

Puis les autres scènes déjà évoquées viennent s’enchaîner…

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Repérages #10

Repérages # 10

En avril, nous poursuivons au Petit Maroc, le rose, comme fil conducteur, s’en suit une collection d’images précédentes, autour du bassin de Saint-Nazaire.

Le Petit Maroc et Le Sultan Guichaoua

Signalons tout d’abord que le mot « Koan » en breton signifie dîner avec une notion de partage, cela tombe bien.

Le petit Guy Trigodet arrive plus souvent que les autres en retard à l’école Carnot : la maîtresse l’interroge : « Mais madame le pont était fermé ! » Et le pont était souvent fermé au moment d’aller à l’école ! Ce témoignage très vivace vient d’un monsieur d’âge respectable. Derrière son regard malicieux on sent revivre cette anecdote bien réelle, augmentée par la pointe de fierté qui trouve là l’occasion de se manifester, d’appartenir à ce lieu « à part » et singulier.

En haut de la butte, le clocher d’une vieille église servait d’amer aux navigateurs. La girouette de ce clocher avait ceci de particulier qu’au lieu du coq habituel elle représentait curieusement une main : « la main du bon accueil ». Une bourgade de lamaneurs ou pilotes avec leurs yoles qui se chargeaient de bien guider les gros navires à travers les dédales du chenal. Le vieux Saint-Nazaire, le site historique, était un simple quartier construit sur une butte avec son fort et son église depuis disparue.
Ce territoire, cerné par l’eau de l’estuaire pour une bonne part et entouré d’écluses est, de fait, une île. Pour les autochtones puristes, une des expressions désignant l’action « d’aller en ville » avait pour petite connotation « aller sur le continent ».

Des murailles sombres bâties sur les rochers, une vieille auberge à l’enseigne « la Boule d’argent », la boutique du maître ferblantier Noireau, quatre rues pavées pittoresques, et même « l’Auberge du roi de Suède », il est difficile à partir de l’aspect de ce quartier tel qu’il se présente aujourd’hui d’imaginer la vie grouillante et populaire d’il y a moins d’un siècle, dans ses rues étroites, ses petits jardins abrités du vent, ses nombreux bistrots, sa boulangerie, les petits jardins derrière la plupart des maisons avec les clapiers à lapins ou des poulaillers. Ainsi pour mieux cerner l’esprit de ce lieu mieux vaut interroger les personnes qui y ont vécu autrefois.

Les témoins actuels furent des pêcheurs pour la plupart, ils se souviennent et racontent volontiers leur enfance et leurs exploits pour certains. Leurs parents venaient du Finistère, Douarnenez, Le Guilvinec, d’autres de l’île de Noirmoutier, les boucautiers par exemple, et ce depuis le milieu du dix-neuvième siècle.

Nombreux commerces ont leur devanture sur la rue principale et d’autres sur la place ; n’oublions pas de citer la boucherie-charcuterie du Finistère, ni surtout l’épicerie servant aussi de bar aux senteurs d’épices de la mère Toussaint qui vendait aussi la pâte pectorale, bonne pour les rhumes, et où, dans une ambiance haute en couleurs et en rires, tout se savait et s’échangeait. Pour les enfants qui venaient faire les courses il y avait des berlingots ou des sucettes. Il faut préciser qu’elle ne pouvait surveiller à la fois le bar et l’ensemble de l’épicerie, ce qui fait que parfois les anciens attablés au bar se servaient un verre en douce et lorsqu’elle surveillait le bar ce sont les enfants qui prenaient quelques bonbons ni vus ni connus. On imagine aisément la mère Toussaint sortant de sa cachette, l’air soupçonneux ; gageons que ces petits larcins n’ont jamais coulé la boutique.

D’autres établissements avaient pour noms parlants : « A l’abri de la tempête » pour une buvette ou cette mystérieuse « L’Auberge du roi de Suède » devenue historique ; il a longtemps sous la régence de Philippe d’Orléans suite à la conspiration de Pontcallec : le jeune marquis prit fait et cause pour les pauvres paysans qui l’entouraient en centre Bretagne, et fomenta une conspiration qui fut sévèrement réprimée. Le tribunal se réunit dans cette auberge pour interroger les habitants soupçonnés d’avoir participé à cette conspiration. Le marquis et trois de ses proches furent exécutés à Nantes.

Au café de Surate deux personnes conversent, plus précisément une personne raconte à l’autre une histoire, il y est question d’un certain Guerino qui, à la recherche de son père se rend à Norcia dans l’Apennin, il gravit des roches terribles et parvient à une caverne. Dans cette caverne quatre chemins se séparent ; après avoir trouvé le bon chemin avec une chandelle il arrive à une porte de métal, sur chaque battant un démon peint paraît vivant et une inscription : « Qui entre par cette porte et ne sort pas au bout d’un an vivra jusqu’au jugement dernier, et alors sera damné. » Guérino frappe, et est admis auprès de la Sibylle, elle lui montre son palais, ses trésors et son jardin pareil à un paradis.

Sous le haut du ciel spirituel, regard dur et souffle marin, cités étrusques et bistros rongés de patine, il a dû dormir dans des hamacs ou dans des camps de fortune, plus souvent sur mer que sur terre et sur terre préférant les petites îles aux grands continents où il ne va guère plus loin que le port de ravitaillement.

Ardengo est d’une autre trempe, on ne le voit jamais se délasser ni même s’asseoir, flibustier, braconnier, trafiquant d’onyx, dur à cuire, il a toujours belle allure et fait détourner les regards des jeunes femmes et des moins jeunes tout en leur parlant de ses exploits aux Philippines, aux Moluques ou à Sumatra. Ardengo qui transportait du karafuu, des clous de girofles de contrebande pour le revendre à Mombasa a été plus qu’ému par cette princesse rebelle… Et à la minute même où elle a baissé ses longs cils recourbés il a changé du tout au tout.

Il lui offre un petit anneau d’or, lui-même relié à une histoire des plus mystérieuses qu’il conservait en secret, il vient de la conspiration de Pontcallec, étrange marquis sous la régence de Philippe d’Orléans dont il fut question plus haut, au moment où il comprit qu’il était cerné le marquis confia un anneau d’or à son aide de camp ; cet anneau passa de mains en mains pour arriver dans la poche à gousset d’Ardengo. Avec l’entrée de Nihasah dans son univers, Ardengo comprit qu’il fallait transmettre cet anneau, il choisit pour ce faire un soir d’orage et une crique sauvage.

Pour revenir à notre île, tout se trouvait sur place, il y avait également une mercerie et même un bijoutier. Le père Lardeau, rebouteux de son état, conjurait les feux et les verrues, « baissait les vers » des enfants et vendait des tisanes bizarres au coin de la rue de la vieille église.

Les enfants jouaient aux billes pour les garçons, à la corde à sauter et à la marelle pour les filles. Et surtout les anciens se souviennent de l’expression « jouer sur le Fort » c’est-à-dire sur un chemin et un petit terrain vague à l’emplacement d’une batterie de canons, autrement appelé esplanade du vieux Fort, entouré de genets plus que drus. Ce fort connus des heures de gloire et le fantôme de Jean d’Ust vient le hanter de loin en loin. L’on retrouve Guy avec ses camarades qui improvisent une balançoire « tape-cul » avec les bois de Norvège des chantiers Hailaust et Gutzeit dans les senteurs du bois de pitchpin.

Une place de la Rampe d’un côté, un fort disparu quelque part au milieu, une usine élévatrice de l’autre côté, le promontoire originel semble avoir paradoxalement rétréci dans le temps ; « la forme d’une ville change plus vite, hélas que le cœur d’un mortel. » (1)

Les bateaux de pêche étaient alors nombreux et s’amarraient au port sur trois rangées. Ils avaient pour noms : « la Petite Marcelle » ou « la Petite Josiane » ; « la Petite Mimi » ou encore « le Marc-Hélène ». Les gars revendaient ou donnaient à leurs amis une part de leur « godaille » selon l’abondance de la pêche. Ils sont tous heureux de revenir au port, fiers de vivre sur une île et ils le disent. Fierté enfin d’une bonne pêche et plaisir d’offrir.

Deux bateaux, « Le Pélican » d’Henri Lagré et « Le Sirocco » d’André Trimaud, tous deux venus de La Turballe, furent les premiers à se lancer dans la pêche à la langoustine dès 1955. Plusieurs chalutiers de l’Isle d’Yeu et des bateaux de Noirmoutier venaient débarquer leur pêche à la criée pendant l’hiver. La quasi-totalité des thoniers de l’Isle d’Yeu y débarquaient leurs thons jusqu’au début des années soixante.

Les chaluts étaient en chanvre et il fallait régulièrement les passer au « cachou », produit gras de couleur réglisse, dans une sorte de grande marmite puis les faire sécher. Le cachou est une substance extraite d’un bois d’acacia d’Inde également employé en tannerie. On amarrait avec la bosse, on dégageait les poissons restés accrochés au filet avec un « baz croc ». Jean Guichaoua, le sultan des fêtes, possédait un chalutier nommé « Dalc’h mad » c’est-à-dire « le tient bon ».

Avant 1900 des tonnes de sardines étaient pêchées sur les côtes. Beaucoup moins par la suite. Les grands bancs de poissons, que ramenait immuablement le rythme des saisons, ont pratiquement déserté les côtes bretonnes. Les principaux ports à sardines étaient Douarnenez ou Le Guilvinec, et des usines à sardines s’égrenaient le long de la côte, employant principalement des femmes.

Au plus fort de l’activité portuaire on appelait « Marocains » les Bretons, pêcheurs de sardines qui allaient parfois jusqu’aux côtes du Maroc, d’où le surnom qui est resté. Une fois, le roi du Maroc est venu accoster dans le port et les plus hardis des marins ont raconté à son équipage comment le quartier, l’île, s’était baptisé le Petit Maroc. Peu de temps après le roi fit envoyer des djellabas et des chéchias aux habitants en signe d’amitié.

L’origine de cette appellation est probablement plus ancienne car il existe d’autres lieux dits war roc’h en breton, plus précisément Ti war roc’h ; la traduction approximative est : "maison/habitation sur le rocher" et si on prononce à la française et phonétiquement cela donne quelque chose comme : « ti mar roc ».

Yann Le Goff, Hervé Le Corre et d’autres pêcheurs parlaient breton à bord il y a encore peu de temps. Des blagues et des chansons. Toujours est-il qu’en mer chacun est occupé et les hommes parlent peu, ils restent concentrés, il ne s’agit pas d’une promenade d’agrément et l’activité exige attention, force et organisation. Le pêcheur était content de partir et peut-être autant de revenir sur la terre ferme et de se poser dans un des bars du port. (2)

Yvon Bouyer, alors bosco (après avoir été marin au long cours et capitaine de bateaux de passagers) a laissé croire à une jeune recrue que son remorqueur avait pêché un espadon dans le bassin, lui affirmant même qu’il pourrait en avoir un morceau auprès des pêcheurs de la criée. Il n’en était pas à sa première blague. Didier et Bruno, des remorqueurs de la famille de la mère Toussaint, ne peuvent s’empêcher de rire en évoquant ces blagues dont ils furent témoins, étant eux-mêmes à cette époque des collègues d’Yvon.

Les plus petits bateaux, ceux qui mesuraient moins de 9 mètres avaient un capitaine, le patron et un pêcheur. Au-dessus viennent les chalutiers proprement dits, de 15 à 17 mètres avec jusqu’à cinq pêcheurs à bord. Encore au-dessus se trouvaient le « Géo André », « La Louise » ou le « Guy Boniface » qui allaient jusqu’aux Canaries et aux côtes marocaines avec un cuisinier à bord.

Le quartier possédait autrefois un terrain de base-ball, construit à l’initiative des soldats américains avec les habitants du quartier près de l’embarcadère du bac de Mindin. Les jeunes s’y sont mis puis ont vieilli et le jeu a disparu après le départ des soldats.

Les bals à la Marine ont en revanche duré longtemps, ils avaient lieu le samedi soir et le dimanche après-midi. Des femmes dansent avec grâce boléros et tangos. Un homme buriné, fier comme il se doit, se lance dans un paso-doble avec sa cavalière. Certains sont plutôt doués et exécutent leurs pas de façon très appliquée.

Les premières « Fêtes de la mer » furent les ancêtres historiques des actuelles « Escales » début août ; un des habitants, le sultan Guichaoua, connut une célébrité durable par son originalité, on va le voir bientôt. Yann et Hervé, compères de bordées n’étaient pas les derniers à lever le coude à l’amitié. L’esprit village a longtemps perduré chez les pêcheurs qui constituaient la majorité des habitants.

Lors d’une de ces premières fêtes, certains arrivaient à bord d’une baleinière en bois à six rameurs, trois de chaque bord ; le sultan apparu revêtu d’une djellaba et monté sur un âne sous les acclamations et fut le premier à peindre son chalutier d’une couleur différente des autres, soit en violet, il fallait se le permettre !

Lors de la fête on lâchait un cochon dans l’écluse et le pêcheur qui le capturait à la nage l’avait gagné, mœurs d’un temps plus rude. Tout le quartier était en liesse. Une course au canard pour les moins sportifs était aussi de tradition et Nenesse Pineau, l’accordéoniste sortait du café avec son instrument pour l’occasion.

Chaque île possède son visage humain : l’on se défend des intempéries aux pourtours, rôle de l’homme qui protège, on crée un cocon chaleureux au centre, giron d’une femme nourricière et affective, ici la mère Toussaint. Les pêcheurs sortent en mer et bravent les dangers pour aller chercher le poisson et revenir au port avec de quoi manger ; ils sont tous méritants et les plus courageux sont des héros reconnus, ici le Sultan Guichaoua, pour n’en citer qu’un.

« Mon cœur est un bateau pressé d’aller plus là-bas.
Son port s’appelle Nulle part et sur la coque on lit Ailleurs. » (3)

Lors d’une grève des mensuels aux Chantiers de l’Atlantique voisins en 1967, les pêcheurs décident collectivement d’offrir par solidarité une partie de leur pêche, des merluchons notamment, aux grévistes.

Le bac de Mindin permettant de traverser plusieurs fois par jour l’Estuaire bien avant la construction du pont était une attraction en soi. Le sentiment de vivre sur une île était très présent, l’activité du port impliquant régulièrement la fermeture d’un pont.

Rue de l’Ecluse, les bruits du port, les mouettes, le vent. Place de la Rampe, des murets moussus d’où dépassent des lilas et des giroflées ; on croise des femmes avec la coiffe bigoudène, haut tube de dentelles dans lequel on aurait pu facilement dissimuler une chopine de vin.

Dans les rues, des femmes avec la fameuse coiffe luttent contre le vent. Les mâtures légères des bigoudènes naviguent au milieu des voilures déployées des coiffes du pays d’Auray, tandis qu’à côté passent des hommes aux vareuses délavées et aux vastes bérets, qui font sonner leurs sabots sur le pavé. Pas question pour les habitants de brader leur identité ni leur insularité.

Ces pêcheurs dits « Bas bretons » ont su conserver, mieux que les populations issues de l’exode rural, leur langue, leurs costumes, leurs coutumes, leur profession même. Ils promènent sur leurs solides épaules des avirons ou des filets, ou bien ils portent des paniers pleins de poissons brillants. Leur « canote » n’est jamais bien loin de là et leur démarche garde encore le mouvement chaloupé de la houle.

Au café avec vue sur le port il se passe toujours quelque chose et le soir il n’est pas rare que l’accordéon soit de sortie. Revenir à la maison, retrouver les amis au café, refaire le parcours, attendre ceux qui ne sont pas encore arrivés et ainsi de suite. Les hommes ont chacun une place attitrée dans le café et les places se réorganisent spontanément quand les uns ou les autres font leur entrée ou leur sortie. Chaleur et mise en scène au milieu des plaisanteries calamiteuses. Les hommes savent aussi se taire lorsque passe un ange blessé ou simplement mouillé.

La guerre 39-45 a tout détruit. Comment une petite partie de l’esprit du lieu a-t-elle subsisté ? On ne sait, les urbanistes et architectes ont fait ce qu’ils ont pu, laissons leur ce bénéfice du doute. Ni église, ni Fort, ni aucune maison qui tienne debout n’a subsisté. Le sultan Guichaoua et son chalutier violet, l’esprit du lieu, plane peut-être au-dessus du Fort invisible.

(1) Charles Baudelaire « Le cygne »
(2) Les témoignages sont bien réels, certains noms de familles ont été modifiés à la demande des intéressés
(3) Minou Drouet, très jeune poétesse du Pouliguen

Repérages #9

9 novembre 2017, sous un ciel gris plomb, nous nous perdons entre Saint-Viaud et Saint-Père en Retz. Le manoir de La Morinière semble suspendu à nous attendre, nous nous arrêtons sur le chemin du retour de nouveau à Paimboeuf, les vestiges d’un jour : la vieille gare désaffectée, un cinéma théâtre frappé d’insalubrité et l’église néo-byzantine toujours ouverte.

Repérages #9

Dans l’espace des rails Douce cherche quelque chose comme une étincelle et/ou l’exactitude d’une seconde, un petit poème d’Esther Tellermann.

« Tu avais laissé
dans l’espace
des rails
où s’allonger
racontais comment
enserrer la mémoire
et la source
je m’en irai vers
l’infime et
l’étincelle
laisserai
les symphonies
l’accord des tourbillons
soudain te capturent
une lèvre
à l’arrière du feu
l’exactitude
d’une seconde. »

« Yet have all roads
A clearing at the end »

Emily Dickinson (Poésies complètes)

(Pourtant au bout de toutes les routes
Il est une éclaircie)

L’idée du film serait, grâce à une fiction qui va d’un certain réalisme des lieux rencontrés à l’onirisme le plus fantaisiste (?) La progression serait donc sensée immerger progressivement le spectateur dans un monde plausible bien distinct du monde réel sans couper le lien avec celui-ci.

En route on évoque Léon Bloy dont c’est le centième anniversaire de la mort ; ce dernier a beaucoup polémiqué en son temps et a créé une œuvre à partir de sa rencontre avec Barbey d’Aurevilly, sa correspondance avec l’abbé Tardif de Moidrey est décisive également. Probablement la rencontre avec cette maison de caractère comme oubliée dans une campagne intemporelle a fait surgir un personnage qui aurait pu être passé par là.

Proposition de contraction entre Léon Bloy et l’abbé Tardif : l’abbé Léon, j’ai suggéré idéalement pour ce rôle Pierre Michon qui vit à Nantes…

Précisions sur Douce à compléter collectivement, Oriane comprise :

· on sait qu’elle aime écouter la musique de son grand-père (Marcel)
· elle se « réfugie » facilement chez le bouquiniste et se fie à son intuition
· une forme d’intelligence ou de sagesse la pousse également à écouter les anciens tout en gardant sa fraîcheur candide
· elle s’est inscrite au club théâtre pour lutter contre sa (prétendue) timidité
· elle s’entraîne à lever la main vers le ciel comme certains anges de la Renaissance
· elle aime se promener dans la campagne en vélo ou à pied…

Repérages #8

Un temps d’automne, ce 19 octobre, nous nous rendons au silo à grains de Cargill, des nuages de pigeons s’échappent des créneaux, nous poursuivons autour du bassin de Saint-Nazaire, découvrons un cimetière de bouées, de balises rouillées.

Repérages #8

Douce en son voilier

Voici la traversée du bassin dans un petit voilier : Douce à la proue debout en robe blanche, cheveux au vent ; elle semble porter une légende, le bateau lui semble glisser facilement et va aborder au lieu que nous appelons le cimetière des bouées.

Prises de vues depuis l’intérieur du bateau et depuis les berges avec montage alterné.

Une musique électro-acoustique monte doucement en puissance ; elle est issue d’enregistrements de navires de tous ordres rentrant dans le port (Sylvie Noël). Ces bouées de grande taille en métal rouillé, certaines en couleurs vives sont échouées le long du quai en attendant on ne sait quoi.

Douce descend du bateau et va évoluer sur la quai parmi les bouées. Des jeunes percussionnistes du conservatoire sont dissimulés chacun derrière une bouée et commencent à créer un rythme en les frappant avec des baguettes sous la direction de Bruno Lemaître.

Par un raccourci de cinéma on va la retrouver se promener dans certains endroits préalablement choisis du Petit Maroc. Dont peut-être une visite au perroquet du café l’Atlantique.

Chemin faisant elle rencontre un lapin sentinelle qui la rapproche d’Alice (clin d’œil au pays des merveilles) (si on arrive à se faire prêter un lapin vivant) ; plus loin dans un endroit fait de clair-obscur deux Franju(s) comme abandonnés là attirent son attention, enfin elle rencontre un pêcheur en vareuse dans une pose et un cadrage digne d’une carte postale du début du vingtième siècle.

Elle peut également croiser un homme à tête d’ours partant tranquillement à la pêche sur la jetée. Et quelque part Marcel joue de l’épinette…

« Eclairez vos objets selon votre soleil, qui n’est point celui de la nature ; soyez le disciple de l’arc-en-ciel, mais n’en soyez pas l’esclave » Denis Diderot : « Pensées détachées sur la peinture ». Et où aller le chercher ce soleil personnel ? « Au fond du cœur » selon l’expression maintenant consacrée et qui date du XVIIème siècle dirait Benedetta Papasogli « Le fond du cœur, Figures de l’espace intérieur au XVIIème siècle ».

Avec son minois d’Egypte, Douce, est celle qui a trouvé une lettre d’amour adressée à Toutankhamon : « Près de cette petite colonne j’ai vu aussi, jeune Roi Toutankhamon, j’ai vu hier soir, un de ces soirs clairs de ton Egypte, j’ai vu de mes yeux ton cœur enfermé dans un coffret en or »

Celle qui garde ses rêves,
Celle qui glisse dans son corps,
Pour le dîner, avant la fin de tout.

Le 14 septembre 1833 arrive à Rouen un navire, « le Louxor » qui rapporte d’Egypte l’obélisque que l’on va plus tard ériger sur la place de la Concorde à Paris. Le Louxor reste longtemps au mouillage à Rouen devant le quai d’Harcourt. Un garçon de 12 ans est là ce 14 septembre qui rêve d’Egypte, il se prénomme Gustave, c’est un premier déclic pour celui qui deviendra Gustave Flaubert…

Le haut soleil seul gambade,
Rêve d’une nouvelle et douce lueur,
A bercer au silence d’ivoire,

Douce ne sait pas tout cela lorsqu’elle rebaptise par caprice peut-être, et par intuition sûrement, son voilier le « Louxor »

Quelque chose vit cachée dans ces roseaux
Caché du côté de l’âme

Douce, celle qui marche
De l’autre côté de la porte,
La porte dite aux Franjus

Ouvrir la rivière à peau voilée,
Effleurant l’opaline de son visage
Et pourtant feuilles graciles

Scintillant des hanches,
Jeune fille, la femme,
par une poignée de libellules,
Toute la vérité du monde.

Repérages #7

Le 30 septembre Jean-Louis, Douce et moi approchons de la Tour de la Pierre à l’Oeil de Paimboeuf, elle fut construite en 1870, à l’extrémité d’un môle qui la reliait avec la terre ferme.

Repérages #7

Blanche dans la chambre blanche
Douce existe

Douce existe, elle est en train d’exister. Les personnages de fiction ont un satut ontologique particulier, à cheval entre deux mondes. En un sens, ils n’existent pas, puisqu’ils sont fictifs. En un autre sens, toutefois, ils existent tout autant que la fiction qui les abrite. Ainsi peut-on dire de Douce qu’elle n’existe pas, puisque c’est un personnage de fiction, mais aussi que ce personnage de fiction existe !

Il y a là une sorte de paradoxe, dont la résolution impose de bien distinguer deux choses : le personnage de chair et d’os qui n’existerait pas et l’artéfact culturel (pris chez Dostoïevski) qui, lui, existe.

Tout le problème vient du fait que cette distinction est difficile à maintenir, car on ne peut séparer mentalement l’artéfact culturel du personnage de chair et d’os que la fiction décrit. Il y a là, sur le plan cognitif, une seule et même structure conceptuelle biface dont l’analyse sera l’objet et le prétexte du film.

Film évolutif et participatif puis que la trame est venue se monter progressivement lors de promenades et s’est enrichie tout autant progressivement par les rencontres consécutives à ces promenades.

Plusieurs personnages de fiction et de chair gravitent maintenant autour de Douce et attendent leur entrée en scène

Décor itinérant de saltimbanques
Sur un mur vert, près de l’école de musique de Paimboeuf, en face de la raffinerie.

« Peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques »
Arthur Rimbaud

La lecture « alchimique » du Songe de Poliphile, offrit à des auteurs comme Jacques Gohory, Giovan Battista Nazari, Béroalde de Verville, Thomas Vaughan, ainsi qu’à divers auteurs allemands le modèle d’un jardin initiatique semé de grottes, de fontaines, de décors sous forme de vestiges architecturaux dont chaque étape marque un stade nouveau dans les révélations progressives des secrets du grand œuvre…

Jacques Gohory : « Le Livre de la fontaine périlleuse, avec la chartre d’amours, autrement intitulé le Songe du verger « (1572)

Un début de scénario

1/ Vue sur des roseaux (Paimboeuf) son : bruit du vent enregistré (par Christophe ?)

2/ Générique de début (progressivement le son du vent devient musique)

3/ Douce en robe blanche devant les roseaux puis devant la petite tour

4/ On la retrouve dans une véranda avec sa mère (Valentina), elle aussi en robe blanche

5/ Douce explique à sa mère que ses camarades de classe l’ont élue pour le rôle de Douce dans la pièce tirée de « La Douce » de Dostoïevski

6/ Valentina est russe et connaît bien cette nouvelle : elle commence à lui résumer le contenu en russe

7/ Douce la coupe : « mais maman tu sais bien que je ne comprends pas le russe ! »

8/ La mère continue en français et termine par la phrase : « tu vois bien que ce rôle n’est pas pour toi !

9/ Douce est déçue et pensive, elle se promène cette fois au milieu des herbes de la Pampa

10/ Elle va visiter son grand-père (Marcel Courjault), musicien non-voyant avec qui elle a un contact privilégié

11/ Il la rassure et lui joue un air qu’elle aime beaucoup (au clavecin ou à l’épinette)

12/ vers la fin du morceau on sent son émotion et on voit peut-être une larme sur la joue

13/ Promenade avec son grand père le long de l’écluse sur le canal de la Martinière (elle le conduit en lui prenant le bras)

14/ Elle se cherche à travers la littérature et la poésie : elle trouve un livre à la bibliothèque des poèmes de Dulce Maria Loynaz (elle le prend car elle comprend que Dulce c’est Douce et que cela devient son surnom)

15/ Elle choisi le poème : « Lettre d’amour à Toutankhamon » qu’elle apprend par cœur (on la voit réciter le début face caméra puis elle baisse les yeux sur le livre et poursuit en lisant comme pour elle-même.

Repérages #6

Le 28 septembre 2017, nous marchons avec Jean-Louis sur la plage des bords de Loire, entre les pêcheries, à la pointe de Limperlay. Puis dans les Marais après Gron découvrons les ruines de la tour de l’abbaye de Buzay.

Repérages #6

La tour aux oiseaux noirs
"Transformer en promenade le saut dans la vie." [Soren Kierkegaard]

Au retour d’une promenade nous avons vu une tour sortie de nulle part ; nous avons dû revenir une autre fois et peiner pour la retrouver.

Lorsqu’on a pu enfin s’en approcher on a croisé Gustave Flaubert qui repartait dans un 4X4 du dernier cri conduit par une jeune femme blonde.

Les roues du véhicule tournaient lentement dans le sens inverse de la marche comme celles des chariots dans les films de John Ford, cependant ici pas de poussière car ces énormes roues ne touchaient pas vraiment le sol, elles glissaient en silence quelques centimètres au-dessus de l’asphalte. Au moment où nous croisons le véhicule la vitre du passager descend automatiquement et oui c’était bien monsieur Flaubert.

*

Comment passer des roseaux égyptiens, à l’ours de la Pampa, des pêcheries du Brivet à une école abandonnée ; les tables et les chaises restées dans l’état où le Grand Meaulnes les a laissé.

Un endroit qui a notre faveur (roselière), un endroit qui maintient en lui un point de faveur, habite ce point (Genius loci, l’esprit du lieu), il appelle de ses vœux un nom.

Et là, juste à côté de l’école, sur une place vide peinte par Léon Spilliaert, vient d’apparaître une église nettement byzantine ? Par quel enchantement d’itinéraire ? C’est ce que nous développerons dans le prochain épisode.

Prenons un byzantin et pas le premier venu, Jean de Thessalonique, patriarche de Thessalonique en 605, il reprend et magnifie l’homélie de la « Dormition de la Vierge » où il est question d’un ange qui apporte et dépose une palme mystérieuse sur le suaire. (« L’apparition de l’ange et la remise de la palme »)

Suggestion : un jeune acteur (jeune lycéen) sort lui aussi de la roselière et porte de façon cérémonieuse une palme ; on le retrouve dans l’église (ou sur une scène de théâtre si refus) et dépose sa palme sur un banc recouvert d’un drap blanc.

*

Par ailleurs, le roman de chevalerie « Tirant le Blanc » écrit par Joanot Martorell dans les années 1460, met en scène un chevalier fictif, Tirant le Blanc, (tirant le drap blanc) que l’empereur de Constantinople (Byzance) charge de libérer la Grèce des Turcs, et qui accomplit toutes sortes d’exploits à son service. Le roman est notamment admiré par Cervantès.

Repérages #5

Le Brivet, rive gauche, le 15 septembre. Jean-Louis propose de mettre ses Franjus dans le paysage, nous continuons la balade en passant rive droite, à l’embouchure de la Loire, nous sommes au pied des chantiers dans un champ de plumeaux.

Repérages #5

Le son et le territoire :

Le rideau blond et mouvant des roseaux, le son du vent, mémoire des heures ensoleillées, puis, Mishka, un ours dans le chemin de Pampa.

Quelle relation entre la musique (russe), son origine locale et sa destination d’adoption (Saint-Nazaire) ? Quelles représentations du territoire par le son ? Marco et Marcel s’y collent.

Un territoire se définit comme un espace plus ou moins tangible recouvrant à la fois des réalités naturelles (végétation spontanée), culturelles (territoire linguistique, identitaire), ou juridiques (territoire national, agglomération) extrêmement diverses, qui se croisent, s’attirent ou s’excluent, et semblent à ce titre entrer fortement en résonance avec l’idée d’intermédialité. Le territoire, espace à conquérir, est par essence mouvant.

Le concept polymorphe d’intermédialité doit nous fournir les outils pour saisir le fonctionnement et l’impact des nouveaux médias, en perpétuelle évolution au gré des progrès technologiques. (là on retrouve le numérique, le digital)

Ce concept concerne aussi bien la contemplation esthétique, poétique, l’inflexion éternelle des moments, l’infini des mathématiques. Il n’y a que des corps et des langages. Autrement dit, l’état des choses ce sont des corps plus ou moins affectés par des langages, dont les sons. Les sons dans un lieu qui fait « monde ».

Quelle vérité scintille entre cinéma et littérature ?

Tirant le Blanc ou l’ange qui a succédé à son passage sur terre connaît sa mission : apporter une palme du paradis et la déposer sur le suaire blanc prévu à cet effet.

Il sort des roseaux, tous les personnages sortent de la vibration des roseaux, de la plénitude blonde de la roselière.

Toute une architecture engloutie se rêve sous la roselière faite de correspondances toujours renouvelée.

Ensuite il va danser, heureux, dans l’or de l’église byzantine, sur une musique composée par Marco et interprétée à l’orgue par Marcel.

« Quant’è bella giovinezza
che si fugge tuttavia !
Chi vuol esser lieto, sia :
Di doman nonc’è certezza

(Comme est belle la jeunesse
qui s’envole si vite !
Soyez heureux, n’attendez pas :
Demain n’est jamais sûr)

Laurent le Magnifique

Repérages #4

Le 06 septembre 2017, en remontant le Brivet à Méan, à l’endroit où celui-ci se jette dans la Loire en compagnie de Jean-Louis Vincendeau, Stanislas Deveau et l’ours.

Repérages #4

Dostoïevski à propos de Pouchkine :
« Il a promené un ours qu’il montre »

« Discours sur Pouchkine prononcé le 8 juin 1880 devant la Société des Amis de la Littérature russe »

En correspondance le 6 septembre 2017 soit cent trente sept ans plus tard, un ours a été promené ou s’est promené le long du Brivet sur la commune de Méan-Penhoët en pensant à Dostoïevski.

A un endroit du petit port improvisé, il découvre une curieuse boîte rouge avec une manivelle sur le côté. Perception ici d’un mystère sur le parcours.

Un moment il disparaît dans les roseaux, silence, puis il réapparaît dans le bruissement des tiges qui se brisent.

Ayant marché plus que de coutume il se reposa un temps sous un saule aux feuilles argentées à l’abri des regards.

Revenons sur la boîte rouge : Dans le film « Belle de Jour » de Buñuel, un client asiatique apporte à Catherine Deneuve une mystérieuse petite boîte : en l’ouvrant, il en sort un son bourdonnant et aigu. Est-ce un mécanisme ? Est-ce un être vivant ? On ne le saura jamais. On ne verra que le couvercle, et la blague surréaliste se trouve là. Buñuel nous laisse imaginer ce qui se trouve dedans. Une pareille boîte se trouvait d’ailleurs déjà dans « Un chien andalou », le manifeste surréaliste que Buñuel tourna en 1929 avec Salvador Dalí. Ce n’est pas pour rien que Buñuel est devenu « le maître de la continuité cachée ».

Entre temps notre ours a trouvé plusieurs pommiers excellents comme au jardin d’Eden, il est occupé à manger des pommes, son Eve était alors absente.

Repérages #3

Le 18 juillet 2017, Le Migron, Frossay en suivant la canal de la Martinière.

notes :

  • Pièce d’eau avec arbres morts ; (proposition : apparition à cet endroit et à la tombée du jour du navire doré fabriqué par Lionel)
  • « Le pédalo du croque mort » (proposition de fiction : un croque mort d’origine russe, nommé ou surnommé Andreï, prenait ses quartiers d’été à cet endroit calme et se détendait en faisant du pédalo. Un jour il ne vint plus ; le dernier pédalo commença à rouiller il fut abandonné sous les arbres)
  • Proposition d’action sous forme d’un workshop : (un groupe de jeunes ayant fabriqué des masques à partir d’écorces de platanes déplacent le pédalo sur les épaules comme s’il s’agissait d’un char païen déambulant lentement dans un tableau de James Ensor)
  • Filmage : on voit les quatre porteurs du pédalo le long de la berge prise depuis l’autre côté du canal et surtout la traversée d’un pont : la jeune actrice nommée « Douce » se promène avec son grand père non-voyant elle lui décrit la scène (il a bien sûr du mal à la croire) !
  • Argumentaire : c’est parce qu’on a trouvé sur place à la fois un pédalo rouillé et des écorces de platanes que, palier par palier, nous en sommes arrivés à l’évocation de James Ensor.
  • Le mot michiyuki-bun 道行文, qui signifie « littérature (bun) d’itinéraire (michiyuki) », a été créé par la philologie moderne pour désigner un type de littérature qui se développa au XIIIe siècle au Japon et connut une grande faveur à l’époque Muromachi (XIVe – XVIe siècles)
  • Ecriture à partir des lieux choisis, « lieux renommés », les meisho 名所. (les meishos de paimboeuf)
  • « Ici il y avait un restaurant », une simple phrase entendue par un habitant de Paimboeuf peut s’appliquer au lieu désigné mais aussi bien à un autre lieu de la collecte.
  • Le chronotope est une notion philologique proposée par le théoricien de la littérature Mikhaïl Bakhtine qui recouvre les éléments de description spatiaux et temporels contenus dans un récit fictionnel ou non : le lieu et le moment sont réputés solidaires.
  • Entre le 1er juillet et le 31 août 2017 : d’abord un repos de trois semaines puis réflexions éparses sur les thématiques qui se dégagent ou pourraient se dégager.
  • « Paul de Kock est consolant, jamais il ne présente l’humanité sous le point de vue qui attriste ; avec lui on rit et on espère. » Etonnant : Dostoïevski a lu et apprécié Paul de Kock
  • Les personnages de Dostoïevski valent par leur monde intérieur et leur complexité. Aussi après avoir revisité certains de ces personnages le mot « douce » est revenu comme une vraie fraîcheur attendue et le prénom « Douce » revient lui comme une exception qui s’impose.

Repérages #3

Repérages #2

13 juillet 2017, de Corsept à Paimboeuf

notes :

  • L’étrange terrasse grise
  • Sur cette terrasse quelque chose se passe ou est passé
  • Sur un ponton une jeune actrice en robe blanche les cheveux au vent
  • En fond du potager « sauvage » sur le port de Paimboeuf apparition des jumeaux de Venise, Torino et Zanetto

Repérages #2

Repérages #1

Le 5 juillet 2017, Gron, aux abords du pont de Saint-Nazaire

C’est là dans la clairière sablonneuse que Rossinante,
la vieille jument m’est apparue.

notes :

  • Paysage évoquant un décor de western
  • Anciens jardins perdus retournés à la friche
  • Traces de chemins pourtant, des trouées, des clairières sablonneuses

Repérages #1

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